Foire aux questions sur le beurre, le palmite et les supplémentations en graisse des vaches laitières

Vous trouverez ci-dessous une compilation de Q&R sur les suppléments de palmite pour les vaches laitières

Au cours des dernières semaines, les consommateurs nous ont posé de nombreuses questions sur la dureté et le point de fusion du beurre. À part les reportages dans les médias sociaux, aucune donnée récente ne montre que la consistance du beurre a changé au départ, mais nous voulons creuser le dossier aussi.

Il existe, à toutes les étapes du processus de fabrication du beurre, de nombreux facteurs qui peuvent avoir des effets subtils sur le goût, la texture et le point de fusion du beurre.

Au niveau de la ferme, par exemple, les différences régionales et saisonnières dans l’alimentation d’une vache, la race de la vache ou son stade de lactation sont parmi les facteurs qui influent sur le profil de son lait, y compris la teneur en matières grasses et en protéines.

Les rations des vaches sont déterminées au niveau de chaque ferme en consultation avec des experts en nutrition bovine et en fonction des besoins alimentaires de la vache.

Néanmoins, le secteur laitier a pris note des préoccupations des consommateurs et constitué un groupe d’experts pour examiner les questions soulevées.

Le lait produit au Canada est assujetti à des normes nationales rigoureuses en matière de santé et de salubrité. Les producteurs laitiers travaillent chaque jour selon certaines des normes les plus sévères, pour répondre aux attentes des consommateurs.

Voici des réponses à certaines des questions qui nous ont été posées.

Le beurre produit au Canada devient-il plus dur ? Est-ce parce que les producteurs utilisent l’huile de palme ?

Outre les reportages anecdotiques sur les médias sociaux, aucune donnée scientifique ne démontre que la consistance du beurre a changé récemment.

Nous ne pouvons déterminer quoi que soit de précis qui aurait changé dans la production ou la transformation du lait qui aurait eu un impact sur les caractéristiques du beurre. Il y a, à toutes les étapes du processus de fabrication, de nombreux facteurs qui pourraient avoir des effets subtils sur le goût, la texture et le point de fusion du beurre. C’est pourquoi nous avons demandé à un groupe de travail d’experts d’évaluer les préoccupations des consommateurs d’un point de vue scientifique. Ce groupe de travail comprend des universitaires et des experts de premier plan, ainsi que des représentants de l’industrie et des consommateurs. Ils cherchent à déterminer s’il y a eu des changements dans les caractéristiques du lait et du beurre et, le cas échéant, quels facteurs peuvent y avoir contribué. Comme les experts du groupe de travail se spécialisent dans un certain nombre de disciplines pertinentes, le groupe examinera cette question attentivement et sous tous les angles.

Il est essentiel dans notre secteur de prendre des décisions basées sur des faits et qu’elles s’appuient sur la science. Toutefois, nous avons demandé aux producteurs laitiers d’envisager d’autres stratégies d’alimentation pour répondre aux besoins nutritionnels de leurs vaches alors que le groupe de travail examine la question de plus près.

Y a-t-il de l’huile de palme dans le beurre au Canada ? L’huile de palme est-elle ajoutée au beurre ou aux produits laitiers ?

Non, l’huile de palme n’est jamais ajoutée au beurre ni au lait.

Certaines fermes ajoutent un supplément qu’ils appellent communément du palmite aux rations de leurs vaches. Le palmite est différent de l’huile de palme ; bien qu’il provient de la même plante, c’est un sous-produit extrait des résidus de l’huile qui est utilisée dans d’autres aliments et biens de consommation. Ces résidus seraient autrement jetés.

L’huile de palme, le palmite et l’acide palmitique sont-ils la même chose ?

Non. L’acide palmitique est le nom d’un des acides gras saturés les plus courants dans les animaux et les plantes, même l’herbe !

Le palmite et l’huile de palme sont tous deux des produits du palmier à huile. Le palmite qui est utilisé dans l’alimentation animale est un sous-produit extrait des résidus d’huile de palme qui elle, est utilisée dans d’autres aliments et biens de consommation. Ces résidus seraient autrement simplement jetés ou gaspillés.

Il y a de nombreux types de gras (acides gras) qui apparaissent dans le lait. L’acide palmitique est un de ces types de gras. L’acide palmitique se trouve naturellement dans le lait et la viande des animaux, plusieurs plantes et microorganismes, à diverses concentrations. Par exemple, l’acide palmitique représente 11 % du gras de l’huile d’olive et environ un tiers du gras du lait naturel, que des suppléments soient utilisés ou non dans l’alimentation des vaches. Il est également présent naturellement dans le lait humain.

Les producteurs laitiers canadiens nourrissent-ils leurs vaches avec de l’huile de palme ou des produits à base de palme ?

Certaines fermes ajoutent du palmite comme supplément dans les rations des vaches. Lorsque le palmite est utilisé comme supplément dans l’alimentation des vaches, ce sont de très petites quantités (de 0,5 à 2 % de l’alimentation) sous l’avis d’experts en nutrition des ruminants.

Le palmite est parfois ajouté en quantités limitées aux rations des vaches laitières pour augmenter l’apport d’énergie. Il y a très peu de gras dans l’alimentation des vaches, mais il est important car il contribue à fournir de l’énergie, à accroître la digestibilité des fibres dans le rumen (un compartiment de l’estomac de la vache) et à maintenir un poids santé. Cet ingrédient est approuvé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments parce qu’il est sécuritaire et qu’il contribue à la santé et au bien-être de la vache.

Ce ne sont pas tous les producteurs qui utilisent le palmite, et pas tout le temps non plus. Parmi les raisons, on y trouve : si la valeur nutritive du fourrage d’une ferme est faible, les vaches ont besoin d’autres sources pour répondre à leurs besoins énergétiques. Après le vêlage, au pic de leur lactation, ou durant une canicule, l’ajout d’un peu de gras saturé dans leur alimentation peut leur fournir des calories et de l’énergie dont elles ont besoin pour maintenir leur forme et leur santé.

Alors, que mangent les vaches ?

Les vaches sont des ruminants, et donc peuvent manger plusieurs choses différentes que les animaux qui sont monogastriques ne peuvent pas manger. Cependant, tous les aliments qu’on leur donne doivent être approuvés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Les producteurs cultivent habituellement les fourrages dont ils nourrissent leurs animaux, de sorte qu’il y a des différences d’une région à l’autre selon les conditions climatiques et la composition du sol. Parmi les cultures courantes, on compte divers herbages et graminées comme la luzerne, des céréales comme le blé, l’orge ou le maïs, et des oléagineux comme le lin ou le canola. En général, les rations des vaches comprennent une combinaison de ces cultures populaires, et ce depuis de longues décennies.

En tant que ruminantes, les vaches jouent également un grand rôle dans le recyclage de ce qui pourrait autrement être de la nourriture gaspillée dans les sites d’enfouissement, notamment les grains broyés utilisés pour fabriquer des boissons et des aliments que les humains consomment, et des parties de diverses plantes que les humains ou les autres animaux ne peuvent digérer.

Les producteurs travaillent avec des experts en nutrition bovine qui analysent la valeur nutritive des cultures de la ferme et formulent des recommandations sur d’éventuels suppléments pour s’assurer que tous les besoins nutritionnels des vaches sont satisfaits.

Comment puis-je savoir si le lait ou le beurre que je consomme vient de vaches qui ont eu des suppléments de palme ?

Comme ce n’est pas un ingrédient ajouté au lait ou au beurre, il n’est pas mentionné comme ingrédient sur l’emballage de ces produits. Le palmite — qui est différent de l’huile — est parfois ajouté à l’alimentation des vaches. Les aliments pour animaux ne sont pas énumérés sur l’emballage du lait, car ils sont digérés par les vaches avant la production du lait.

Comme indiqué ci-dessus, un groupe de travail d’experts examine actuellement l’utilisation de suppléments de palmite dans l’alimentation des vaches.

À quelle fréquence les suppléments de palmite sont-ils ajoutés à l’alimentation des vaches ?

L’utilisation de suppléments de palmite varie d’une ferme à l’autre. Les rations exactes peuvent varier selon les besoins nutritionnels particuliers de la vache ou du troupeau et les différences entre ces besoins et la valeur nutritive des cultures de la ferme.

Parmi les facteurs qui peuvent influer sur la valeur nutritive des cultures, mentionnons les différences régionales dans les conditions du sol et les variations climatiques, ainsi que les variations attribuables au conditionnement et à l’entreposage des récoltes.

Les rations des vaches sont déterminées au niveau de chaque ferme en consultation avec le vétérinaire et des experts en nutrition bovine.

Les suppléments de palmite sont ajoutés en très petites quantités, et comme tous les aliments pour animaux, sont approuvés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Les producteurs laitiers canadiens utilisent-ils des suppléments de palmite en raison de la gestion de l’offre ?

Non. Les sous-produits de palme sont utilisés dans la production laitière dans de nombreux pays où la gestion de l’offre n’existe pas. Les produits de palme sont aussi utilisés dans de nombreux autres secteurs alimentaires.

Le Canada est-il le seul pays à fournir des suppléments de palme aux vaches ?

Non. Divers sous-produits de l’huile de palme sont aussi utilisés par les producteurs laitiers d’autres pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Australie.

Les producteurs sont-ils payés plus cher s’ils utilisent ces suppléments ?

Non.

L’utilisation de suppléments de palmite affecte-t-elle la qualité du lait et des produits laitiers ?

Non. De nombreux types de gras (acides gras) font naturellement partie du lait. L’acide gras dit palmitique est un type de gras présent naturellement, à divers niveaux, dans plusieurs plantes et animaux. Par exemple, l’acide palmitique représente 11 % du gras de l’huile d’olive et environ un tiers des matières grasses du lait, que des suppléments soient utilisés ou non. Il est également naturellement présent dans le lait humain.

Lorsque des suppléments sont donnés aux vaches au Canada, la faible quantité a un impact négligeable sur le profil des acides gras du lait. On estime que la variation de l’acide gras palmitique dans les matières grasses laitières serait inférieure à 3 %. Le profil du gras, y compris la teneur en acides palmitiques, dans le lait de la vache varie pour diverses raisons en plus de son alimentation, notamment la race de la vache (Jersey, Holstein, autres), le stade de sa lactation et son âge.

Les producteurs laitiers suivent certaines des normes les plus strictes au monde pour respecter leur engagement de produire du lait de qualité. Tout le lait produit au Canada continue d’être assujetti aux normes rigoureuses de santé et de salubrité du pays. Rien n’a changé dans ce contexte.

Les suppléments ont-ils des conséquences pour la santé des vaches ?

Les suppléments de gras, y compris les suppléments provenant des palmiers, sont utilisés depuis des décennies et de façon ciblée pour satisfaire les besoins énergétiques des vaches et favoriser leur santé.  La vache peut avoir besoin de plus d’énergie après la naissance de son veau, au pic de sa lactation, ou l’été, si elle mange moins en raison de la chaleur. 

L’Association de nutrition animale du Canada souligne que l’ajout de palmite aux rations des vaches laitières n’a rien de nouveau et qu’il s’agit d’un ingrédient sécuritaire, approuvé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Lactanet, le centre d’excellence laitier canadien, insiste également sur le fait que l’inclusion de ces suppléments dans la nutrition de la vache est favorable à sa bonne santé.

Comment l’utilisation de suppléments affecte-t-elle la santé humaine ?

Il n’existe aucune étude démontrant que l’utilisation des suppléments dans l’alimentation des vaches a un impact sur la santé humaine.

Toujours sécuritaire, le lait produit au Canada est assujetti à des normes nationales rigoureuses en matière de santé et de salubrité.

Lorsque des suppléments de palmite sont donnés aux vaches au Canada, la quantité fournie a un impact très mineur sur la teneur en acide palmitique de leur lait. On estime que l’augmentation de la concentration d’acide gras palmitique dans les matières grasses laitières est de moins de 3 %. Il est important de situer ceci dans son contexte : le profil du gras du lait, dont la teneur en acide palmitique, varie naturellement pour diverses raisons en plus de l’alimentation, notamment la race de la vache, son stade de lactation et son âge. L’utilisation des suppléments n'a pas un impact plus important que ces autres variables.

Dans l’ensemble, le lait joue un rôle bénéfique pour notre santé et notre nutrition. Une portion de lait contient 15 éléments nutritifs essentiels, une teneur élevée en calcium et six des huit éléments nutritifs que de nombreux Canadiens ne consomment pas assez.

Quel est l’impact environnemental de l’utilisation de suppléments dérivés de la palme dans l’alimentation des vaches ?

Le palmier à huile, ou palmiste est la culture oléagineuse la plus efficace sur le plan de l’utilisation des terres. Il a le rendement par hectare le plus élevé comparativement à d’autres cultures oléagineuses (source : WWF). En moyenne, un hectare de terre produit 3,8 tonnes d’huile de palme par année, soit cinq fois plus d’huile que le tournesol et sept fois plus d’huile que le soja. Le palmiste occupe seulement 7 % des terres cultivées pour les huiles végétales à l’échelle mondiale, mais il génère 38 % de toutes les huiles et graisses (source : European Palm Oil Alliance).

L’huile de palme est l’huile végétale la plus consommée au monde. Les sous-produits utilisés dans l’alimentation des vaches sont en fait dérivés de restants de l’huile de palme utilisée ailleurs, ce qui signifie que les vaches revalorisent un produit qui serait autrement gaspillé ou jeté.

Les consommateurs ont exprimé un certain nombre de préoccupations légitimes au sujet de la culture de l’huile de palme. Nous savons que l’industrie de l’huile de palme a déployé des efforts concertés pour réduire son impact environnemental et s’assurer que ses pratiques sont conformes aux normes sociales et environnementales universellement acceptables. Nous savons également que nos principaux fournisseurs d’aliments pour animaux au Canada travaillent uniquement avec des compagnies qui certifient des produits obtenus de façon durable. Il nous importe de mieux comprendre les impacts de toutes les options avant de faire des recommandations.

Les producteurs ont-ils cessé de donner des suppléments aux vaches ?

On a demandé aux producteurs d’envisager d’autres stratégies d’alimentation. Il convient de noter que nourrir les vaches est un travail d’équipe qui se planifie bien à l’avance. Les producteurs doivent travailler avec leur vétérinaire et leurs experts en nutrition bovine pour faire des choix éclairés en fonction d’abord des fourrages qu’ils cultivent à la ferme, du profil nutritionnel de ces cultures, et ensuite voir si tout supplément serait nécessaire pour combler les besoins en nutrition des vaches, y compris les minéraux, les vitamines et les gras.

Les producteurs savent-ils ce qu’ils donnent à leurs vaches ?

Les producteurs travaillent avec des experts en nutrition bovine et des vétérinaires pour s’assurer que leurs vaches mangent sainement. Bien que certains producteurs aient eux-mêmes une solide compréhension de la nutrition des bovins, d’autres peuvent se fier davantage à l’expertise de leurs conseillers externes pour s’assurer que leurs vaches sont bien nourries.

Y a-t-il des changements dans le secteur de la transformation qui pourraient influer sur le fait que le beurre est dur ?

Le beurre est fabriqué par barattage, mais diverses usines de transformation peuvent avoir des techniques et des différences. Le groupe d’experts examine les facteurs qui auraient pu avoir un impact, à tous les points de la chaîne d’approvisionnement, de la ferme au réfrigérateur.

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