Points saillants
- Karen est une productrice laitière canadienne de l'Alberta qui utilise la technologie pour faire progresser sa ferme et améliorer la façon dont elle prend soin de ses vaches.
- Lorsqu'elle a décidé de retourner en agriculture après avoir été infirmière, Karen a trouvé l'inspiration et le soutien nécessaire auprès du réseau de femmes qu’elle côtoyait.
- Elle mise sur son attachement à la communauté et sur ses nombreuses années d'expérience en agriculture pour transmettre sa passion à la prochaine génération de producteurs.
Karen n'avait pas vraiment imaginé qu'elle finirait par se lancer en agriculture, même si elle baignait dans ce milieu. Ses grands-parents exploitaient une ferme laitière, ses parents élevaient des porcs et son compagnon travaillait dans la ferme laitière de sa propre famille. Pourtant, ses expériences de vie et les encouragements de son père lui ont donné l'élan nécessaire pour se lancer dans une brillante carrière d'infirmière.
Aujourd’hui, le compagnon de Karen, qui était producteur laitier, est devenu son mari, ils élèvent quatre garçons, et elle est elle-même productrice à plein temps. Et bien qu’elle ait changé de carrière, Karen met à profit son ancienne profession à la ferme. « En production laitière, on fait la même chose qu’en soins infirmiers, mais pour les vaches », explique-t-elle. « Je veille au bien-être de mes vaches tous les jours. ».
C'est l'une des raisons pour lesquelles l’industrie laitière convenait parfaitement à cette femme qui, même loin de la ferme, n'a jamais vraiment voulu se couper du milieu laitier. Karen met à profit ses diverses expériences pour dynamiser sa ferme, son troupeau et la prochaine génération de producteurs en devenir.
Le retour de Karen en production laitière a été facilité par les productrices qui l'entouraient
Ayant grandi dans le centre de l’Alberta, Karen savait que la production laitière occuperait toujours une place importante dans sa vie. Mais dès son plus jeune âge, elle a dû faire face à la maladie et au décès de sa mère. En observant les soins prodigués par les infirmières, Karen a été inspirée par une nouvelle perspective.
« Je me suis dit : « Je veux être cette personne qui prend soin des autres, qui est là pour eux dans leurs moments les plus difficiles et qui leur vient en aide. »
Karen a obtenu son baccalauréat en sciences infirmières à l'université locale. Après avoir exercé quelques années en tant qu'infirmière diplômée, elle s’est jointe à son mari, Henk, pour l'aider à gérer leur ferme agricole familiale de deuxième génération. Elle participe aujourd'hui à la gestion d'un troupeau de 400 vaches, avec le soutien d'une équipe de huit employés.
Karen est reconnaissante envers les productrices laitières présentes dans sa vie qui l'ont aidée à faciliter son retour dans le monde agricole.
« J’ai eu beaucoup de chance de grandir auprès d’une grand-mère qui était une productrice laitière très impliquée », a-t-elle confié. « J’ai également grandi avec deux tantes qui travaillaient dans l’industrie : l’une était productrice laitière, l’autre, vétérinaire. Ma belle-mère est une femme extrêmement travaillante et très dévouée pour ce secteur. Elles m’ont toujours appris que les femmes ont leur place en agriculture. »
Dans un milieu agricole où les femmes ne sont pas une exception mais la norme, Karen explique qu'il lui a été plus facile de se réorienter vers l'agriculture sans jamais se sentir déplacée.
« J’ai une amie qui gère une ferme laitière de taille similaire à la mienne », a indiqué Karen. « Nous pouvons échanger nos idées. C’est tout simplement formidable de pouvoir compter sur des collègues qui sont productrices laitières pour se soutenir mutuellement. »
Pour ce faire, Karen met notamment à profit sa passion pour la santé et la technologie, en se consacrant cette fois-ci aux vaches.
La technologie et la communauté aident Karen à tirer le meilleur parti de ses compétences et de son expérience
Comme dans toutes les fermes laitières canadiennes, le bien-être des vaches est une priorité absolue pour Karen et Henk, mais les études en soins infirmiers de Karen lui ont permis d'élargir ses horizons.
« Notre objectif, c’est toujours de faire ce qu’il y a de mieux pour nos vaches et pour tous ceux qui travaillent à la ferme », a-t-elle ajouté. « Je me demande : « Comment pouvons-nous améliorer la vie des vaches? Que pouvons-nous faire pour améliorer la qualité des soins qui leur sont prodigués? Que pouvons-nous faire pour sensibiliser les gens à ce que nous faisons? »
Son expérience dans le domaine des soins infirmiers et le fait d'avoir grandi auprès d'un père féru de technologie lui ont inculqué un goût pour les technologies axées sur la santé, qu'elle a rapidement intégrées à son activité.
« La vache porte un traceur fixé à son collier. Il m'indique si elle se déplace, si elle fait moins de pas dans la journée, si elle en fait plus, si elle mange, et même comment elle rumine », a expliqué Karen.
Le système de surveillance de la santé des vaches est un élément essentiel de la ferme, qui aide toute l'équipe de Karen à prendre des décisions.
« Grâce à cette technologie, je peux m’assurer que si une vache est malade – je déteste quand elles tombent malades, mais comme chez les humains, ça arrive –, je peux lui prodiguer des soins le plus rapidement possible. On s'en rend compte tout de suite. »
Aujourd'hui, ses jeunes fils font partie de son équipe. « Je peux partager ça avec mes enfants et leur montrer comment j’interprète cette information. Je leur demande : « Qu'est-ce que vous voyez? Qu'est-ce que vous apprenez? »
Karen adore cette combinaison entre l'agriculture et l'enseignement, car cela lui permet de partager sa passion avec de nombreuses autres personnes – non seulement avec sa famille et ses amis, mais aussi avec les membres de sa communauté au sens large et partout dans le monde.
« Nous avons accueilli de nombreux étudiants participant à un programme d’échanges au fil des ans. J'anime également un cours facultatif sur la production laitière pour l’école secondaire locale de premier cycle. J'adore quand ces jeunes viennent et que je peux leur faire découvrir la production laitière. »
Karen a également trouvé sa vocation en rendant l'accueil chaleureux qu'elle a reçu lorsqu'elle est revenue travailler à plein temps dans le secteur laitier.
« En production laitière, on retrouve tout simplement une grande hospitalité qui s’exprime sans réserve. Si vous êtes prêt à travailler dur et à vous investir pour faire bouger les choses dans ce secteur, les portes s'ouvrent grand pour vous », a-t-elle indiqué.
Les productrices comme Karen, fortes d’une grande diversité d’expériences, contribueront à faire progresser l’industrie aujourd’hui et demain. En cette Année internationale des agricultrices, on ne fait pas que raconter leurs histoires : car ces histoires aident réellement à définir l’avenir.