En route vers la 2e ronde de négociations de l’ALÉNA

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Le 16 août, j’atterrissais à Washington pour la première ronde de renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). On sentait la tension dans l’air, les politiciens restaient vagues, mais optimistes dans leurs commentaires, tandis que les journalistes faisaient leur possible pour lire entre les lignes et prédire les changements possibles à prévoir dans la version 2.0 de l’ALÉNA. À la une des journaux cette semaine-là, on a lu toutes les spéculations possibles sur l’avenir de l’industrie laitière, et sur les possibilités d’affaiblir la gestion de l’offre au Canada.

Par M. Pierre Lampron, Président Pierre Lampron

Le président des Producteurs laitiers du Canada (PLC), Pierre Lampron, est un producteur laitier de la Mauricie au Québec depuis 1987.

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Points saillants

  • L’industrie laitière canadienne est un moteur de croissance économique, employant plus de 220 000 personnes à travers le pays.
  • L’industrie laitière apporte une contribution frôlant les 20 milliards $ au PIB canadien.

Accompagné de deux vice-présidents, David Wiens (Manitoba) et de Ralph Dietrich (Ontario) ainsi que du personnel des Producteurs laitiers du Canada (PLC) nous étions sur place pour soutenir le gouvernement dans sa défense de la gestion de de l’offre. Si les produits laitiers devaient être inclus dans le nouvel ALÉNA, et que la gestion de l’offre n’était pas maintenue, l’industrie laitière et l’économie canadienne en sortiraient perdantes.

Rappelons que la gestion de l’offre a permis à l’industrie laitière de devenir un moteur de croissance économique, employant plus de 220 000 personnes à travers le pays, et créant des retombées économiques importantes, soit une contribution frôlant les 20 milliards $ au PIB canadien. La croissance de notre industrie nous a permis d’innover, pour produire un lait de qualité qui a aujourd’hui une renommée internationale, et ainsi produire plus de 1 000 différents fromages. L’industrie laitière canadienne a le vent dans les voiles depuis quelques années, et il serait dommage de freiner son développement par un compromis sur une politique agricole domestique qui est devenue la fondation de notre succès.

Malgré tous les scénarios possibles à la conclusion de la renégociation de l’ALÉNA, je reste confiant. La délégation des négociateurs du Canada est unie derrière un plan de match bien développé pour défendre nos intérêts. Je suis sûr que tout comme les États-Unis protégeront leurs politiques agricoles, par exemple le Farm Bill, Chrystia Freeland, notre ministre des Affaires étrangères, et son équipe défendront la gestion de l’offre. Malgré les efforts déployés afin de trouver un terrain d’entente, j’ai pu constater qu’il a un respect mutuel entre négociateurs, reconnaissant l’autonomie de chaque pays impliqué.

En tant que producteur laitier, je suis extrêmement fier du parcours de notre industrie. Même si les producteurs laitiers canadiens se concentrent sur une production domestique, on se fait remarquer par d’autres pays comme chef de file. Outre la reconnaissance que nous produisons, un lait de qualité supérieure, nos fromagers et nos transformateurs produisent des fromages qui gagnent régulièrement des prix à l’échelle internationale. Alors que nos homologues américains font face à un avenir incertain à cause de la surproduction, notre système de gestion de l’offre est devenu l’envie de nombreux producteurs laitiers aux États-Unis. J’encourage donc tous les producteurs laitiers à continuer de faire du bouche-à-oreille pour promouvoir notre succès et bien expliquer ce qu’est la gestion de l’offre.

À l’aube de la conclusion de la deuxième ronde de négociations de l’ALÉNA à Mexico, j’ai une pensée spéciale pour les producteurs et leurs familles en régions qui dépendent de la survie et de la prospérité continue du secteur laitier. Ces gens ont beaucoup donné pour bâtir une industrie laitière de laquelle on peut se vanter. Que ce soit la qualité de nos produits, ou la gestion de l’offre, au Canada on a de quoi être fiers.