Nancy Wert prend soin de veaux dans un enclos de groupe à la ferme Stanlee, en Ontario.

Bien-être animal : pour l’amour des vaches

Tout ce que nous faisons pour nos vaches – leur offrir une étable et une alimentation adaptée à leurs besoins, ou encore des soins jour et nuit –, nous le faisons avec passion. Lorsqu’on aime travailler avec les animaux, il est tout naturel de veiller à leur confort et leur bien-être. Levons le voile sur quelques pratiques des producteurs laitiers canadiens pour veiller au bien-être de leurs animaux.

Vaches en santé, ferme en santé

Les producteurs savent par expérience quand leurs vaches sont productives et quand elles vont moins bien. C’est pourquoi le soin des animaux et l’une des tâches les plus importantes sur la ferme.

Pour exercer ce métier, il faut bien sûr du dévouement, mais il faut également beaucoup de connaissances. Ainsi, les Producteurs laitiers du Canada investissent dans la recherche afin de raffiner les pratiques, solidement ancrées dans les meilleures connaissances scientifiques. Nous veillons à informer les producteurs sur les résultats de la recherche en science animale et sur les innovations qui peuvent offrir aux vaches canadiennes la meilleure qualité de vie possible. Et le meilleur dans tout ça? Les vaches confortables et en santé font du meilleur lait.

Un arbre généalogique pour chaque vache

Les producteurs laitiers canadiens connaissent bien chacune de leurs vaches. Ils connaissent l’arbre généalogique et même les caractéristiques génétiques de toutes leurs vaches. Lorsqu’ils achètent une vache d’une autre ferme, les producteurs ont accès à ses données génétiques et génomiques ainsi qu’à une analyse de sa production. Pourquoi vouloir en savoir autant? Ces données permettent essentiellement d’assurer la santé et le bien-être de chaque vache. De plus, elles permettent aux producteurs de toujours améliorer son troupeau, afin d’en améliorer la santé et la productivité au fil des ans.

Une journée dans la vie d’une vache laitière canadienne

Les vaches laitières canadiennes sont traites en moyenne deux fois par jour. Dans les fermes équipées d’une technologie de traite robotisée, les vaches décident elles-mêmes du moment et de la fréquence de leur traite. Certaines vaches préfèrent se faire traire 3 fois par jour, d’autres plus, et d’autres moins. Une traite prend environ 6 minutes. Alors, que fait la vache le reste de la journée? Voici un aperçu :

6 h à manger + 8 heures de plus à ruminer (mastiquer et remastiquer sa nourriture)
11 h à se reposer et à s’étendre – elle peut également profiter de ce moment pour socialiser avec d’autres vaches et ruminer
4 h à dormir – eh bien, elle aime se reposer, mais notre dame n’a pas besoin de beaucoup de sommeil réparateur!

Un nid douillet

Les vaches aiment le confort et la sécurité de l’étable. C’est habituellement dans l’étable qu’elles mangent et boivent à leur gré, qu’elles se couchent et socialisent avec leurs compagnes. Au Canada, nos étables sont adaptées à nos amies à quatre pattes et à notre rude climat. Les étables n’ont pas besoin d’être chauffées, puisque le froid ne dérange pas les vaches, mais les étables doivent être bien ventilées afin de contrôler l’humidité et d’assurer un apport adéquat d’air frais.

On classe généralement les étables en fonction de la technologie de traite utilisée. C’est ainsi que les 3 principaux types d’étables sont : à stabulation libre, à stabulation entravée et à traite robotisée.

Dans les étables à stabulation libre, les vaches se déplacent d’un endroit à l’autre de l’étable. Elles se font traire dans un endroit, se couchent dans les logettes avec litière, et se déplacent dans un autre endroit lorsqu’elles veulent boire et manger.

Dans l’étable traditionnelle dite « à stabulation entravée », chaque vache a sa propre logette avec de la litière, avec sa mangeoire et bol d’eau directement devant elle. Dans cette étable, c’est le producteur qui se déplace entre les vaches pour les traire. Les étables traditionnelles sont aussi celles qui font sortir les vaches plus souvent, si le temps est clément, bien sûr.

Dans les étables équipées d’une technologie de traite robotisée, la vache décide quand et à quelle fréquence elle désire être traite. Ces étables offrent les mêmes commodités pour manger, boire et se coucher que les étables à stabulation libre.

La plupart des étables prévoient des logettes qui offrent une litière offrant une surface sèche, isolation et chaleur. La litière se veut moelleuse et assez spacieuse pour que la vache soit confortable pour se reposer et adopter des postures naturelles. Notons qu’il existe une autre possibilité d’étables qui n’ont aucune logette. Elles visent à répliquer à l’intérieur un environnement de pâturage – elles misent sur la litière accumulée. La litière est compostée au sol pour offrir aux vaches une grande surface confortable sur laquelle elles peuvent se déplacer et se reposer.

Une étable avec vue à la MacInnis Brothers Farm à St. Peters Bay, Île-du-Prince-Édouard.
Une étable avec vue à la MacInnis Brothers Farm à St. Peters Bay, Île-du-Prince-Édouard.

Qu’est-ce qu’on mange?

L’alimentation d’une vache laitière se compose de fourrage (pâturage, ensilage ou foin sec), de grains (orge, maïs ou soya) et de suppléments de vitamines et minéraux, pour une santé optimale. Pour nourrir leurs animaux à l’année, les producteurs laitiers canadiens cultivent des vivaces comme de la luzerne et des graminées. Ces légumineuses sont aussi bénéfiques pour le sol : elles ajoutent de l’azote au sol et en enrichissent la matière organique. Les longues racines de ces cultures aident à stabiliser le sol et à transférer le carbone de l’air vers le sol au moment où elles meurent et se décomposent naturellement, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

Les Producteurs laitiers du Canada financent chaque année la recherche scientifique pour donner aux producteurs un accès aux plus récentes connaissances scientifiques qui leur permettent de trouver la nourriture qui contribuera à la santé du troupeau, à une bonne production de lait et à la protection de l’environnement. Un équilibre durable entre ces facteurs, c’est ce que l’on appelle l’indice de conversion alimentaire.

Des vaches confortables, dans la santé et dans la maladie

Bien que les producteurs laitiers canadiens prodiguent les meilleurs soins et travaillent avec des vétérinaires pour prévenir et contrôler les maladies, les vaches peuvent être parfois malades.

Les producteurs laitiers canadiens doivent prouver qu’ils travaillent avec une ou un vétérinaire avant même de pouvoir vendre du lait.

Si une vache est malade, le producteur et le vétérinaire travaillent ensemble pour lui offrir les soins appropriés, lesquels peuvent inclure un traitement antibiotique. Une vache qui reçoit un antibiotique doit quand même se faire traire – c’est un besoin physiologique, mais son lait est trait à part et jeté immédiatement. Lorsqu’une vache reçoit des antibiotiques, le producteur doit respecter la période de retrait définie par Santé Canada; c’est-à-dire le temps qu’il faut rejeter son lait. Ainsi, la vache reçoit les soins dont elle a besoin pour se rétablir, et le lait que nous consommons ne contient pas d’antibiotiques.

Nancy Wert prend soin de veaux dans un enclos de groupe à la ferme Stanlee, en Ontario.
Nancy Wert prend soin de veaux dans un enclos de groupe à la ferme Stanlee, en Ontario.

Grandir à la ferme

Les veaux naissants n’ont pas d’immunité. Ils ont donc besoin de soins particuliers. Le plus grand besoin du veau naissant est de recevoir les importants anticorps contenus dans le colostrum (le premier lait produit par la mère après la naissance) au cours des 4 heures suivant sa naissance.

Dans de nombreuses fermes, les veaux et génisses (les femelles) sont d’abord nourris du colostrum, puis du lait à la bouteille et logés dans des huttes individuelles. Lorsqu’elles grandissent et que leur système immunitaire prend de la maturité, elles sont sevrées et sont alors transférées dans des enclos de groupe avec d’autres génisses du même âge et de la même taille. Une génisse devient une taure (adolescente) puis elle devient vache adulte vers l’âge de 2 ans. Eh oui, la vache ne donne du lait qu’après avoir donné naissance à un veau.

Un veau est nourri à la ferme Philippot à St. Claude, au Manitoba.
Un veau est nourri à la ferme Philippot à St. Claude, au Manitoba.

Notre engagement envers le bien-être animal

Par l’entremise de l’initiative proAction, nous avons établi des normes et des objectifs mesurables pour nos fermes dans 6 domaines importants, et l’un d’eux est le bien-être animal. Nous croyons fermement que nous devons nous investir dans l’élaboration de meilleures politiques sur le bien-être animal. Notre responsabilité est de nous engager à continuellement améliorer nos méthodes pour améliorer la qualité de vie de nos animaux.

Sources

Les Producteurs laitiers du Canada et le Conseil national pour les soins aux animaux d'élevage. « Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers ». producteurslaitiers.ca

https://www.producteurslaitiers.ca/content/download/292/1540/version/3/file/DairyCodeFRE_LR.pdf

Laura Solana et coll. « Associations between lying behavior and lameness in Canadian Holstein-Friesian cows housed in freestall barns ». journalofdairyscience.org

https://www.journalofdairyscience.org/article/S0022-0302(16)00070-9/fulltext

Shane St. Cyr. « Rumination data delivers cow health knowledge ». progressivedairy.com

https://www.progressivedairy.com/topics/herd-health/rumination-data-delivers-cow-health-knowledge

Les Producteurs laitiers du Canada et le Réseau laitier canadien. « Portail canadien de la recherche laitière ». recherchelaitiere.ca

recherchelaitiere.ca

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