Points saillants
- Janet gère une ferme laitière de 120 vaches aux côtés de son mari, de son fils et de sa belle-fille
- La ferme de Janet se distingue par sa participation au projet pilote du « Calculateur de gaz à effet de serre » mené par les Producteurs laitiers du Canada, qui en est actuellement à sa deuxième phase
Depuis toujours, Janet s’est consacrée à la production laitière en Ontario, en s’efforçant de tracer de nouveaux sentiers, tant au sein de sa propre ferme qu’en collaboration avec d'autres fermes à la recherche de solutions durables. Aujourd'hui, elle fait partie d'un nombre croissant de femmes qui contribuent à façonner l'avenir de l'industrie laitière canadienne.
Janet applique des solutions durables dans sa ferme et partout en Ontario
Janet gère une ferme laitière de 120 vaches aux côtés de son conjoint, de son fils et de sa brue, ces deux derniers étant sur le point de devenir la cinquième génération à la tête de la ferme. Bien qu'elle ait elle-même grandi dans une ferme laitière, celle qu’elle exploite aujourd’hui a été transmise à son mari et à son beau-frère, qui en sont devenus associés dans les années 1980.
La ferme de Janet se distingue par sa participation au projet pilote du « Calculateur de gaz à effet de serre » (GES) mené par les Producteurs laitiers du Canada, qui en est actuellement à sa deuxième phase. Sa ferme collaborait déjà avec l’Université de Guelph dans le cadre d’une étude de recherche sur la mesure des GES : donc avec ce projet en cours en plus de l’expertise de Janet en matière de données, la décision de se joindre au projet pilote des Producteurs laitiers du Canada s’est imposée d’elle-même.
« Je fais partie de ces passionnés qui adorent les chiffres », a-t-elle confié. « Notre ferme était assez unique en ce sens que nous pouvions en quelque sorte superposer les deux [projets] et examiner des pratiques spécifiques pour voir l’impact qu’elles avaient non seulement sur les émissions, mais aussi sur le rendement de ce champ. »
Janet a participé à la première phase du projet pilote « Calculateur de GES », qui visait à tester l'outil « Cool Farm » dans des fermes à travers tout le pays. Au début de cette année, sa famille a pris part à la deuxième phase, qui permet à Janet et à l'équipe de la ferme de comparer les résultats avec ceux de la première phase et de tester la prochaine étape de l'outil, la plateforme « Cool Farm ».
« Il est vraiment difficile de savoir comment améliorer la situation dans votre ferme si vous ne savez pas où vous en êtes actuellement », a-t-elle fait remarquer. « Disposer d'un point de départ m'aidera ensuite à comprendre l'impact qu'un changement de pratiques aura sur mon bilan global en matière d'émissions de gaz à effet de serre. »
Cela a déjà permis à l'équipe de la ferme d'identifier les points à améliorer et d'apporter les ajustements nécessaires dans des domaines tels que l'utilisation de l'azote. Ces données peuvent aider le secteur à présenter une image plus fidèle de ce à quoi ressemblera la durabilité à l'échelle des fermes, tant à la communauté agricole qu'au grand public.
« Sur le plan agronomique, il faut s’assurer que l’on continue de répondre aux besoins des cultures », a indiqué Janet. « Les producteurs veulent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, car ils savent que si ce carbone s’échappe de leur ferme, il n’est pas utilisé par le sol ni par les plantes, et cela leur coûte de l’argent. »
Janet a expliqué que cela aidait également le public à comprendre que l'utilisation d'engrais et de fumier repose sur des données et vise précisément à éviter tout épandage excessif. « Les gens diront : « Vous mettez volontairement trop d’engrais dans vos champs », alors que ce que nous utilisons, c’est pour répondre aux besoins des plantes. »
Janet intervient aussi comme conseillère à la ferme auprès d’autres fermes participant au projet pilote « Calculateur de GES ». Les conseillers à la ferme comme Janet aident les participants à collecter des données et à calculer leurs émissions en fonction de facteurs tels que la taille du troupeau, le ratio alimentaire, la gestion du lisier, les cultures, la consommation de carburant, le transport et le type de sol. Janet explique que, pour certaines fermes, un regard extérieur est indispensable pour aller de l’avant.
« Il s’agit vraiment de savoir où l’on se situe par rapport aux autres, d’identifier les domaines de sa ferme qui se situent au-dessus de la moyenne et d’essayer de comprendre pourquoi », a-t-elle expliqué.
« Dans notre ferme, nous faisons parfois appel à un tiers. Il arrive parfois qu’il remarque des choses qui nous échappent, car nous passons devant tous les jours. »
Il y a une place pour tout le monde dans le secteur laitier canadien
Janet a compris très tôt l'importance d'adopter de nouvelles perspectives au début de sa carrière en agriculture. Ayant grandi dans la ferme familiale, elle a toujours su qu'elle voulait travailler dans le secteur laitier, mais au sein d'une grande famille comptant cinq frères, elle a dû prouver qu'elle était capable de travailler aussi dur et aussi bien qu'eux.
« Ce sentiment de discrimination reste très frustrant pour les femmes qui apportent une contribution significative au secteur », a-t-elle ajouté. « Dans de nombreux domaines de l'agriculture, on a tendance à faire beaucoup de suppositions par rapport à la répartition des tâches. »
Pour corriger ces idées reçues, qui peuvent encore être profondément ancrées dans le milieu de travail, il faut un regard extérieur.
« J'ai eu des mentors qui m'ont dit : « Tu en es tout à fait capable. Tu fais ce qu'il faut », a confié Janet.
C'est précisément ce soutien dont Janet dit avoir eu besoin lorsqu'elle a commencé à discuter de finances et d’analyses concernant l’entreprise.
« Je constate effectivement que de plus en plus de femmes choisissent de faire carrière en agriculture, ce que je trouve formidable, car les perspectives qu’elles apportent au secteur sont tout aussi précieuses. Je le dis toujours : si vous prouvez que vous en êtes capable et que vous travaillez dur, quel que soit votre sexe, il y a une place pour vous en agriculture. »
Alors que de plus en plus de femmes accèdent à des postes de direction dans le secteur laitier canadien, des agricultrices comme Janet démontrent que l’innovation, la résilience et la volonté de remettre en question les idées reçues permettent de façonner l’avenir de l’industrie. En cette Année des agricultrices, leurs histoires ne sont pas seulement racontées : elles contribuent à définir ce que l’avenir nous réserve.