Raffermir la souveraineté alimentaire du Canada: le rôle du secteur laitier

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Véritable pilier de notre autonomie, le secteur laitier canadien et son système de gestion de l’offre démontrent toute l’importance d’un approvisionnement alimentaire national résilient et fiable ainsi que la nécessité absolue de le protéger.

Par David Wiens, Président David Wiens

En juillet 2023, David a été élu président des Producteurs laitiers du Canada.

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DFC President David Wiens

Points saillants

  • La stabilité qu’offre la gestion de l'offre permet aux producteurs laitiers de renforcer notre approvisionnement alimentaire local en investissant dans leurs fermes, en améliorant leur productivité et en contribuant à la vitalité des communautés rurales.
  • Plus de neuf citoyens sur dix estiment qu'il est important de s’assurer que le Canada exerce le plus de contrôle possible sur son approvisionnement alimentaire.

Alors que les incertitudes commerciales et les perturbations géopolitiques exposent les faiblesses des chaînes d'approvisionnement mondiales, une chose est claire : la souveraineté alimentaire s’avère un enjeu majeur.

Les Canadiens sont d'accord. Plus de neuf citoyens sur dix estiment qu'il est important de s’assurer que le Canada exerce le plus de contrôle possible sur son approvisionnement alimentaire (Nanos Research, 2026). 

Alors que le Canada cherche à renforcer cette souveraineté, il doit protéger, et non sacrifier, les politiques et les systèmes qui répondent aux besoins des Canadiens. 

Véritable pilier de notre autonomie, le secteur laitier canadien et son système de gestion de l’offre démontrent toute l’importance d’un approvisionnement alimentaire national résilient et fiable ainsi que la nécessité absolue de le protéger. 

Dans le cadre de la gestion de l'offre, les producteurs laitiers travaillent ensemble pour ajuster la production à la demande, afin d’assurer aux Canadiens un approvisionnement stable et fiable en produits laitiers d’ici, au Canada. Les importations sont limitées, puisque le Canada peut compter sur ses propres producteurs laitiers pour répondre aux besoins nationaux. De plus, les producteurs reçoivent un prix prévisible pour leur lait. 

Cette stabilité se traduit par des résultats concrets sur le terrain. Le lait est produit dans plus de 9 000 fermes à travers le pays, selon des normes parmi les plus rigoureuses au monde. Plus de 500 usines de transformation locales transforment ensuite ce lait en produits tels que le yogourt, le beurre, le fromage et la crème glacée. De la ferme à l'assiette, les produits laitiers canadiens sont produits et transformés ici même, chez nous. 

Pourtant, le Canada a cédé une part croissante de sa production laitière nationale dans le cadre d'accords commerciaux successifs. Si chaque concession peut sembler mineure, leur accumulation menace de compromettre la stabilité qui a fait ses preuves depuis des décennies. 

La résilience de notre système ne signifie pas qu’il dispose d’une capacité illimitée à absorber les pertes de parts de marché. Chaque perte a un impact sur notre souveraineté alimentaire, notre économie et nos communautés. Si le commerce international contribue à garnir nos tablettes, les aliments produits ici, chez nous jouent un rôle tout aussi essentiel. 

Le Canada a délibérément choisi de développer ses secteurs du lait, de la volaille et des œufs à partir du système de la gestion de l'offre. Dans un monde marqué par la fragilité des chaînes d'approvisionnement et les perturbations commerciales, ce choix revêt une importance particulière et mérite d'être préservé. 

D'autres pays ont choisi une voie différente. Leurs producteurs sont régulièrement confrontés à la volatilité des marchés et à des cycles d'expansion et de ralentissement, devant souvent compter sur les subventions gouvernementales à la production pour s'en sortir. Quant aux consommateurs de ces pays, ils paient souvent deux fois pour ces produits : une fois par le biais de leurs impôts et une autre fois à la caisse. 

Au Canada, en revanche, la stabilité qu’offre la gestion de l'offre permet aux producteurs laitiers de renforcer notre approvisionnement alimentaire local en investissant dans leurs fermes, en améliorant leur productivité et en contribuant à la vitalité des communautés rurales. 

La gestion de l’offre a également favorisé l'émergence d'un secteur défini par des normes rigoureuses en matière de bien-être animal, d'environnement et de qualité. Les hormones de croissance artificielles sont interdites dans la production laitière canadienne, et tout le lait est analysé pour s'assurer qu'il ne contient aucun résidu d'antibiotiques. 

Cet approvisionnement alimentaire dépasse le contenu de nos assiettes; il incarne notre modèle de production d’aliments. C'est une richesse dont nous ne devons pas sous-estimer l'importance. 

Le gouvernement canadien s'est engagé à défendre la gestion de l'offre à la table des négociations, et cet engagement est crucial. 

Grâce à la gestion de l'offre, notre secteur laitier nous permet d’obtenir ce qu'aucun autre pays ne peut nous apporter : la capacité de subvenir à nos propres besoins alimentaires. À une époque marquée par une incertitude mondiale croissante, cela n'a jamais été aussi essentiel. 

Cet article a été publié dansThe National Post(en anglais seulement) le 19 mai 2026.