Cultiver l’avenir : la production laitière est-elle durable?

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Les producteurs laitiers canadiens travaillent avec les animaux et la terre pour gagner leur vie. Ils ont donc d’excellentes raisons d’en prendre soin. Nous sommes fiers de dire, et de démontrer que nous sommes des chefs de file en agriculture durable, et que grâce à la recherche et à l’innovation, nous continuons de faire d’importants progrès afin de réduire notre empreinte carbone.

Par DFC - PLC, Équipe Communications
Les vaches dans le pâturage à MacInnis Brothers Farm
Les vaches dans le pâturage à MacInnis Brothers Farm

Points saillants

  • Nos producteurs laitiers mettent à jour continuellement leurs pratiques afin d’améliorer l’efficacité et la durabilité de la production laitière
  • La gestion de l’offre permet d’éviter les surplus et le gaspillage de lait
  • Les émissions de carbone moyennes associées à la production d’un litre de lait au Canada sont parmi les plus faibles au monde

Il faut des ressources naturelles pour produire des aliments, et les produits laitiers ne font pas exception. Cependant, avec chaque jour qui passe, la production laitière devient de plus en plus durable.

Il est vrai que la production laitière génère des émissions de carbone, mais moins que vous ne pourriez le croire. En effet, la production laitière génère moins de 1,3 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) du Canada, et les émissions moyennes associées à la production d’un litre de lait au Canada sont parmi les plus faibles au monde.

Grâce aux avancées en sciences et en technologie et des pratiques agricoles innovantes, les producteurs parviennent à en faire plus avec moins. Découvrons comment ils s’y prennent.

MacInnis Brothers Farm
« La production laitière a beaucoup changé depuis que nos ancêtres se sont établis ici, mais il y a une chose qui demeure immutable : notre passion pour nos animaux, l'environnement et notre communauté », explique Ronnie MacInnis de MacInnis Brothers Farm.

Des vaches bien nourries et en santé produisent plus de lait.

Les vaches, au même titre que les chevreuils, les orignaux et les autres ruminants, ont la capacité unique de manger et de digérer de grandes quantités d’herbe, ce que l’humain ne peut pas faire. Leur processus digestif (la rumination) utilise de nombreux micro-organismes pour décomposer et fermenter l’herbe (ou fourrages, feuilles, etc.). Ce faisant, ces micro-organismes produisent du méthane (un gaz à effet de serre). On ne peut pas éviter la production de méthane, cependant, il est possible de réduire ces émissions.

Comment? Au cours des dernières décennies, les producteurs laitiers du Canada et d’autres pays, ainsi que leurs gouvernements, ont investi dans la recherche pour en apprendre davantage sur les vaches, leur génétique, leur génomique et la manière d’optimiser leur alimentation. De plus, la recherche scientifique a mené à d’importantes avancées en matière de technologie dans les étables et le soin des vaches laitières. Les vaches sont donc plus confortables et en santé, et vivent plus longtemps. Mais tous ces changements ne peuvent se produire du jour au lendemain; ils sont le résultat de recherches et d’améliorations continues.

Aujourd'hui, il y a moins d’un million de vaches laitières au Canada, qui produisent en moyenne trois fois plus de lait qu’en 1973. Et trois fois moins de vaches, cela représente une importante réduction de l’impact de la rumination sur l’environnement.

Biodigesteurs
Certains producteurs laitiers utilisent des biodigesteurs pour transformer le méthane du fumier de vache en électricité.

Prévenir les surplus et le gaspillage

Le gaspillage alimentaire est une préoccupation mondiale, et un surplus de lait peut avoir d’importantes conséquences pour les fermes, l’économie et l’environnement. Dans les années 1960 et 1970, le Canada a mis en place le système de gestion de l’offre pour offrir aux producteurs efficaces la possibilité d’obtenir un revenu juste et donner accès aux consommateurs canadiens à un approvisionnement stable de produits laitiers canadiens de grande qualité. L’un des autres avantages de la gestion de l’offre, c’est qu’elle prévient les surplus et le gaspillage de lait, car l’offre répond à la demande, c’est-à-dire en veillant à ce que les producteurs produisent le lait nécessaire – pas moins ni beaucoup plus.

Innovation et recherche

Nos producteurs valorisent depuis longtemps l’innovation. Grâce à la recherche, nous avons plus de connaissances et de nouvelles technologies à notre disposition, par exemple des biodigesteurs qui transforment le méthane du fumier en électricité et des méthodes plus efficaces pour utiliser les éléments nutritifs afin de minimiser le risque de contamination de l'eau. Nous avons aussi des outils tels que Fermes laitières +, qui nous permettent d’évaluer l’efficacité de nos fermes en calculant l’empreinte environnementale, d’en connaître les forces et d’identifier les aspects à améliorer.

La performance de la production laitière canadienne

Les producteurs de lait canadien sont responsables, mais en 2012, nous avons tout de même voulu évaluer notre performance pancanadienne et établir un plan pour améliorer la durabilité de la production laitière. Les Producteurs laitiers du Canada ont donc commandé une analyse socioéconomique et environnementale du cycle de vie afin d’établir des mesures de référence pour évaluer cette performance. Une analyse du cycle de vie (ACV) est un portrait de la performance d’un secteur à un moment précis dans le temps. L’impact environnemental et la performance sociale comprennent toutes les étapes du cycle de vie, de l’extraction de la matière première des intrants utilisés à la ferme jusqu’à la livraison du lait à l’usine de transformation. Nous avons récemment commandé et reçu une mise à jour de ce portrait environnemental.

Alors, quelle est la performance de la production laitière canadienne? Les résultats ont montré que les émissions de GES par unité de lait sont parmi les plus faibles au monde. En 2011, la production d’un litre de lait au Canada générait 1,03 kg d’équivalent de CO2, ce qui est comparable, voire inférieur, à ce que l’on observait dans d’autres pays, entre autres les États-Unis, la France et la Nouvelle-Zélande. En 2016, la nouvelle analyse a révélé que notre empreinte s’était améliorée, produisant maintenant 0,97 kg d’équivalent de CO2 par litre de lait.

Les émissions de GES ne sont pas le seul indicateur de l’impact environnemental et nous avons aussi mesuré l’utilisation de l’eau et l’utilisation des terres agricoles associées à la production laitière au Canada. Et notre impact sur ces ressources naturelles s’est également amélioré en cinq ans : produire un litre de lait aujourd'hui nécessite 6 % moins d’eau et utilise 11 % moins de terres agricoles.

Le développement durable, ce n’est pas seulement une question d’environnement. Il y a également des composantes sociales et économiques. Or, la production laitière crée de l’emploi d’un océan à l’autre, ce qui favorise le développement économique dans beaucoup de secteurs ruraux. Et bien que le lait soit l’un des plus importants secteurs agricoles au Canada au niveau économique, il n’utilise que 3 % des terres agricoles du pays!

Une vache dans le pâturage
Améliorer la durabilité du lait est un effort continu que nos producteurs laitiers ont à cœur. Chaque petit geste compte.

Cultiver l’avenir

Les producteurs laitiers canadiens sont des gens passionnés. Nous sommes déterminés à continuer d’innover, d’améliorer nos pratiques agricoles, à investir dans des projets de recherche scientifique visant à réduire les émissions de GES dans les fermes, à optimiser la production de nos vaches, et à réduire notre impact sur l’environnement de diverses façons.

Nous savons que le progrès est le fruit d’un processus continu. Mais notre engagement envers nos vaches, notre lait et notre planète est solide. Lorsque vous optez pour du lait canadien, vous choisissez aussi de soutenir cet engagement, et ce choix, c’est tout le monde qui en profite.

Sources

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. « Greenhouse gas emissions from ruminant supply chains: A global life cycle assessment. » fao.org

http://www.fao.org/docrep/018/i3461e/i3461e.pdf

Quantis, Groupe Agéco et le CIRAIG. « Efficacité environnementale de la production laitière canadienne. » dairyfarmersofcanada.ca

https://dairyfarmersofcanada.ca/sites/default/files/2019-01/PLC-Info-FR-F-17-12-2018.pdf

 

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