Des producteurs laitiers canadiens deviennent des pionniers du biogaz

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Alors que les producteurs laitiers misent de plus en plus sur le développement durable, l’incorporation de biodigesteurs aux fermes constitue une occasion de tirer des revenus supplémentaires, tout en posant un geste positif pour l’environnement.

Par DFC - PLC, Équipe Communications
Biodigesters on a farm seen from above
Photo of Stanton Bros. Ltd. provided by Rural Green Energy

Points saillants

  • La technologie de la biométhanisation est une industrie en plein essor au Canada.
  • Les producteurs laitiers sont particulièrement bien placés pour tirer parti de l’énergie renouvelable, grâce à un accès facile au fumier et aux cultures qui peuvent être transformés en biocarburants.
  • Parmi les autres avantages, citons la création d’engrais riches en éléments nutritifs qui possèdent une meilleure biodisponibilité que les engrais traditionnels et qui sont entièrement faits sur place à partir de matières qui seraient autrement éliminée

La technologie de la biométhanisation est une industrie en plein essor au Canada. Alors que les producteurs laitiers misent de plus en plus sur le développement durable, l’incorporation de biodigesteurs aux fermes constitue une occasion de tirer des revenus supplémentaires, tout en posant un geste positif pour l’environnement. Stanton Bros. ltée, présentée sur la photo ci-dessus, est positionnée pour devenir une pionnière dans ce domaine. La ferme laitière ontarienne, se rapproche de la prochaine phase d’un projet novateur permettant de convertir des déchets de la ferme et de l’extérieur de la ferme en biogaz, qui peut être vendu aux services publics d’énergie. Stanton Bros. vend actuellement son biogaz à Fortis, un fournisseur d’énergie de la Colombie-Britannique, et espère contribuer sous peu au réseau électrique de l’Ontario.

Comme dans d’autres projets de ce type, la collaboration est la clé du succès. Ainsi, Stanton Bros. a fait équipe avec Rural Green Energy, de Guelph, et Stonecrest Engineering, de Shakespeare, pour concevoir et développer ses deux biodigesteurs.

PLC Korb Whale discute des biodigesteurs sur la ferme

Ailleurs en Ontario, Clovermead Farms a pu réaliser son projet de biodigesteur grâce à des subventions offertes en vertu de la Loi sur l’énergie verte du gouvernement de l’Ontario. Korb Whale, producteur et propriétaire de Clovermead Farms, a investi plus de 2 millions de dollars en immobilisations pour son digesteur anaérobie en 2009 avant d’obtenir un contrat lui permettant de revendre l’électricité au réseau électrique. « J’ai toujours aimé l’idée de pouvoir produire de l’énergie avec des déchets à la ferme, indique M. Whale. Nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre de presque 95 pour cent. » 

En plus des quelque 10 tonnes de fumier provenant de la ferme, le digesteur de Clovermead absorbe environ 8 000 tonnes par année de déchets alimentaires provenant de producteurs et de transformateurs locaux. En prenant en charge ces déchets alimentaires, la ferme de M. Whale génère des revenus supplémentaires, tout en réduisant son empreinte carbone.

« L’un des aspects intéressants de la digestion anaérobie en général, c’est la nature circulaire de ce type d’économie, ajoute M. Whale. Nous produisons des aliments que nous envoyons dans les villes pour que les transformateurs préparent des aliments pour les gens. Ensuite, les déchets de ces aliments reviennent vers nos digesteurs pour créer l’électricité, du chauffage, de l’engrais et de la litière pour les vaches. La boucle est ainsi bouclée. »

Biodigesters on a farm seen from above
Coop Agri-Énergie Warwick, au Québec

À Warwick, au Québec, un projet de biogaz novateur a été lancé sur la base d’un partage des coûts – et des recettes – entre 12 producteurs agricoles locaux et un transformateur de fromages. Coop Agri-Énergie Warwick vend maintenant du biogaz au réseau de gaz naturel d’Énergir – le principal distributeur de gaz au Québec.

Josée Chicoine, directrice du développement agroalimentaire à la Coop Carbone, un organisme à but non lucratif dont la mission est de lutter contre les changements climatiques par la collaboration, est codirectrice générale de la Coop Agri-Énergie Warwick. Elle affirme que les partisans du projet observaient que beaucoup de producteurs étaient intéressés par la biométhanisation, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de la mettre en œuvre dans leur ferme. Non seulement le projet de Warwick permet à plusieurs petits producteurs de partager les coûts, mais il génère également une toute nouvelle source de revenus provenant de la production d’énergie.

Les défis complexes – comme les changements climatiques – nécessitent des solutions novatrices, et nous saluons toutes les personnes qui mettent en œuvre des projets de biométhanisation dans leur communauté!