Les PLC répondent à l’Institut économique de Montréal

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Le 17 août 2017, l’Institut économique de Montréal (IEM) a de nouveau publié un document visant à induire ses lecteurs en erreur dans le contexte de sa quête idéologique visant à débarrasser le Canada du système de gestion de l’offre. Le rapport intitulé « La prospérité agricole passe-t-elle par la gestion de l’offre? » ne fournit que peu, voire aucun argument pour étayer de façon satisfaisante sa prise de position.

Par M. Pierre Lampron, Président Pierre Lampron

Le président des Producteurs laitiers du Canada (PLC), Pierre Lampron, est un producteur laitier de la Mauricie au Québec depuis 1987.

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Points saillants

  • L’Institut économique de Montréal (IEM) a de nouveau publié un rapport intitulé « La prospérité agricole passe-t-elle par la gestion de l’offre? »
  • En matière de produits soumis à la gestion de l’offre, le Canada a choisi de s’en tenir à desservir le marché domestique pour diverses raisons.
  • Moins de 10 % de toute la production laitière mondiale est exportée.
  • La gestion de l’offre permet en grande partie d’éviter la surproduction.

La prémisse du rapport repose sur le principe suivant : si la production des produits destinés à l’exportation surpasse radicalement la demande intérieure, la production soumise à la gestion de l’offre, quant à elle, est généralement déterminée par la demande intérieure. Puisque l’un des objectifs avoués de ce système vise à faire correspondre l’offre et la demande intérieures, cela ne devrait pas être une surprise pour quiconque; nul besoin d’un rapport de deux pages pour le démontrer.

En matière de produits soumis à la gestion de l’offre, le Canada a choisi de s’en tenir à desservir le marché domestique pour diverses raisons. En ce qui concerne les produits laitiers, le marché intérieur canadien est en croissance, ayant connu une hausse de 13 % de la demande nationale entre 2013 et 2016. En fait, non seulement les produits laitiers ne représentent-ils pas une part importante des produits voués à l’exportation, mais moins de 10 % de toute la production laitière mondiale est exportée. En outre, ce marché d’exportation est déjà saturé.

Vu sous un autre angle, le rapport de l’IEM semble préconiser la surproduction; or ce facteur contribue directement à la perpétuation de la crise sévissant au sein du marché mondial des produits laitiers. Lorsqu’il y a une surproduction de lait, les prix chutent. Il en résulte des pertes d’emplois et de revenus pour les producteurs. Certains d’entre eux n’y survivront pas et se verront obligés, par conséquent, de cesser toutes activités commerciales.

Les effets de la surproduction de lait observés alors que la crise mondiale fait rage au sein des économies dont le secteur laitier n’est pas soumis à la gestion de l’offre sont marquants. En 2016, l’Australie a annoncé une aide financière de 579 millions de dollars visant à soutenir ses producteurs laitiers. Entre septembre 2015 et juin 2016, l’Union européenne a fait une offre de renflouement d’un montant combiné d’un milliard d’euros pour ses producteurs laitiers. L’offre prévoyait un montant de 150 millions d’euros en mesures incitatives destinées à ceux-ci pour les encourager à réduire volontairement leur production. En 2016, le gouvernement des États-Unis a procédé à l’achat de fromage d’une valeur de plus de 40 millions de dollars en vue de réduire les surplus colossaux et d’engendrer l’augmentation du prix du lait pour ses producteurs.

En contrepartie, tout comme le note d’ailleurs le rapport, la gestion de l’offre permet en grande partie d’éviter la surproduction. Le système atténue sensiblement les effets dévastateurs occasionnés par les fluctuations du marché qui affectent négativement le prix du lait dans les autres pays.

Ce rapport au contenu bien mince caractérisé par un manque flagrant de preuves ne dit rien de plus sur les produits laitiers que ce qu’une recherche sommaire sur la gestion de l’offre effectuée dans Google serait à même de révéler. Nous n’avons donc d’autre choix que celui de conclure que l’Institut économique de Montréal se sert de tous les prétextes pour demeurer sous les projecteurs et pour alimenter la campagne de salissage que l’organisation a entreprise contre la gestion de l’offre.

Fort heureusement pour les producteurs agricoles canadiens dont le secteur d’activités est soumis à la gestion de l’offre, le premier ministre du Canada soutient ce système, le gouvernement canadien l’appuie également et il en va ainsi aussi pour 75 % des Canadiens comme le confirme un sondage mené par Campaign Research en mai 2017. D’aucuns maintiendront que ce débat crée la division, mais force est de constater que les Canadiens sont majoritairement favorables au système de la gestion de l’offre. Il fonctionne.